Comment lire l'étiquette d'une whey : les pièges à éviter

Matière sèche, facteur 6,38, dose plus grosse que la moyenne : les astuces d'étiquetage qui gonflent la teneur en protéines, et comment les repérer.

Toutes les wheys affichent fièrement leur teneur en protéines. Mais en relevant les étiquettes des produits de notre sélection, nous sommes tombés sur plusieurs façons, parfaitement légales, de rendre ce chiffre plus flatteur. Voici comment lire une étiquette sans se faire avoir.

1. Comparez toujours « pour 100 g », jamais « par dose »

C’est le piège le plus courant. Une marque qui annonce « 30 g de protéines par shaker » n’est pas forcément plus riche qu’une autre qui en annonce 23 : tout dépend de la taille de la dose.

Exemple réel : l’Eafit Pure Whey annonce 30 g de protéines par shaker de 40 g, la Bulk Pure Whey 23 g par dose de 32 g. Ramenées à 100 g de poudre, cela donne environ 75 g contre 71 g : beaucoup plus proche qu’il n’y paraît. Les doses vont de 25 g à 60 g selon les marques, d’où l’importance de comparer pour 100 g.

2. « Sur matière sèche » : un chiffre plus flatteur

Certaines étiquettes indiquent la teneur en protéines sur matière sèche, c’est-à-dire comme si la poudre ne contenait pas d’eau. Or toute poudre garde un peu d’humidité.

L’étiquette de l’Eiyolab Whey HT est exemplaire sur ce point : elle affiche 78 g pour 100 g sur matière sèche, mais aussi 73,5 g sur matière humide, la poudre telle que vous la consommez. C’est cette seconde valeur qui compte. Quand une marque ne donne que la valeur sur matière sèche, comme la Nutripure Whey Isolate Native (94 g), gardez en tête que la réalité est un peu en dessous.

3. Le coefficient 6,25 ou 6,38

Les laboratoires ne mesurent pas directement les protéines, mais l’azote, qu’ils multiplient par un coefficient. La réglementation européenne impose 6,25. Certaines marques affichent aussi le résultat avec 6,38, coefficient propre aux protéines de lait, qui donne un chiffre environ 2 % plus élevé.

La Nutri&Co Whey Isolate Native joue la transparence en affichant les deux : 83 g pour 100 g au coefficient 6,25, 84,7 g au coefficient 6,38. Pour comparer avec les autres marques, retenez la valeur à 6,25.

4. Le poids de poudre présenté comme des protéines

Le cas le plus trompeur que nous ayons rencontré : une étiquette annonce 43 g de protéines par dose de 50 g, soit 86 g pour 100 g. Mais la liste d’ingrédients indique 43 g de whey concentrée à 80 % dans cette même dose. Le chiffre affiché correspond donc au poids de poudre de whey, pas aux protéines qu’elle contient : la teneur réelle est plutôt d’environ 34 g.

Le réflexe : si la liste d’ingrédients indique le pourcentage de protéines de la whey utilisée (« concentré à 80 % »), refaites le calcul.

5. L’amino spiking

Plus rare, mais à connaître : certains produits ajoutent des acides aminés isolés bon marché (glycine, taurine, alanine…) qui augmentent l’azote mesuré, et donc la teneur en protéines affichée, sans apporter de vraies protéines complètes. Si la liste d’ingrédients d’une « whey » contient ces acides aminés ajoutés, méfiance. Un aminogramme détaillé (le profil d’acides aminés) et des certifications indépendantes sont de bons signes de sérieux.

6. Les sucres et le lactose

Regardez la ligne « dont sucres » : sans sucre ajouté, elle donne une limite haute du lactose. Une isolate en contient souvent moins de 2 g pour 100 g ; une concentrée peut monter à plus de 10 g, comme la Bulk Pure Whey vanille (12 g). Ce n’est pas un problème si vous digérez bien le lait, mais c’est utile à savoir. Plus de détails dans notre guide whey sans lactose.

7. La saveur compte

Une version neutre contient toujours un peu plus de protéines que la même whey aromatisée : le cacao et les arômes prennent de la place. MyProtein annonce ainsi « jusqu’à 26 g » par portion pour son Impact Whey Isolate sans saveur, mais 24 g pour la version chocolat naturel. Vérifiez l’étiquette de la saveur que vous achetez.

Notre méthode

Pour chaque produit de notre sélection, nous relevons les valeurs sur l’étiquette de la saveur proposée, en retenant la poudre telle quelle et le coefficient 6,25 quand plusieurs valeurs sont données, et nous signalons les chiffres trompeurs sur les fiches. Tous les détails sur notre page Notre méthode. Pour la suite, voyez notre guide d’achat complet.

Des wheys à l'étiquette transparente

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Questions fréquentes

Quelle valeur regarder en premier sur une étiquette de whey ?

La teneur en protéines pour 100 g de poudre telle quelle. C'est la seule valeur qui permet de comparer deux wheys entre elles, quelle que soit la taille de leur dose. Une bonne whey concentrée tourne autour de 70 à 80 g pour 100 g, une isolate autour de 80 à 90 g.

Que veut dire « protéines sur matière sèche » ?

C'est la teneur calculée comme si la poudre ne contenait pas d'eau. La poudre contient pourtant toujours un peu d'humidité : la teneur réelle de ce que vous consommez est donc un peu plus faible. Quand l'étiquette donne les deux, retenez la valeur « sur matière humide » ou « telle quelle ».

Pourquoi deux valeurs de protéines sur certaines étiquettes ?

Les protéines sont calculées à partir de l'azote mesuré, multiplié par un coefficient. La réglementation européenne impose 6,25 ; certaines marques affichent aussi le résultat avec 6,38, le coefficient propre aux protéines de lait, qui donne un chiffre environ 2 % plus élevé. Pour comparer, utilisez la valeur à 6,25, celle de toutes les marques.

Qu'est-ce que l'amino spiking ?

C'est une pratique qui consiste à ajouter des acides aminés bon marché (glycine, taurine…) pour augmenter l'azote mesuré, et donc la teneur en protéines affichée, sans apporter de vraies protéines complètes. Méfiez-vous des listes d'ingrédients qui ajoutent ces acides aminés isolés à une whey.